En ce début mai 2020, soit dans les derniers instants de remous dus à la pandémie du coronavirus, alors que de nombreux états américains sont encore en confinement, des informations attendues de longue date par la présidence Trump et faisant clairement partie de la stratégie de celle-ci à en croire QAnon, furent diffusées dans la presse bien que les médias mainstream restèrent essentiellement focalisés sur la sortie de pandémie et de confinement, donnant la parole aux experts mettant le public en garde contre une « deuxième vague » de l’épidémie et aux gouverneurs combattant la sortie du confinement de manière liberticide afin de maintenir un climat de panique. Ces informations concernent d’abord la cessation de toute poursuite contre le conseiller à la sécurité nationale de Trump, le général trois étoiles Michael Flynn, ancien directeur de l’Agence de défense et du renseignement (DIA). Celui-ci était accusé d’être entré en collusion avec la Russie, notamment lors d’appels à l’ambassadeur russe Sergey Kislyak au sujet des sanctions économiques américaines à l’encontre de la Russie, alors qu’il faisait partie de la campagne de Donald Trump pour 2016, et plaida dans un premier temps coupable d’avoir menti au FBI lors de ses interrogatoires, menés par l’agent Peter Strzok, probablement pour deux raisons : protéger son fils, menacé de poursuites lui aussi, et coopérer aux enquêtes de Robert Mueller sur la collusion de la campagne Trump avec la Russie et de John Durham sur l’espionnage de la campagne Trump. L’annulation de toute poursuite du Ministère de la Justice contre Flynn revêt une importance primordiale car elle établit que, malgré tous les efforts du FBI, aucun élément n’incriminant Flynn n’a pu être retenu et les contenus téléphoniques l’impliquant étaient frauduleux : il apparaît que ce sont en fait les agents du FBI qui tentèrent d’incriminer Flynn pour mensonge alors que celui-ci n’avait rien à se reprocher, d’ailleurs le fait que rien n’ait finalement été retenu contre son fils par la justice montre qu’il ne s’agissait là que de menaces de flics ripoux.
Les raisons qui poussèrent le FBI à tenter de réduire Flynn au silence sont probablement nombreuses. Directeur de l’Agence de la défense et du renseignement sous Obama, Flynn fut très critique de la politique de celui-ci au Moyen-Orient et sur le plan domestique en matière de sécurité nationale contre le terrorisme, contre-disant ouvertement le président démocrate lorsque celui-ci se targuait d’avoir éliminé DAECH alors que beaucoup d’éléments pointent vers sa négligence, vraisemblablement volontaire, du terrorisme islamiste. QAnon insiste également depuis ses premières publications sur le fait que Flynn, grâce à son passage à la tête de l’Agence de la défense et du renseignement, a une connaissance précise des crimes commis par le gouvernement Obama (« […] Quel était le passif de Flynn ? Pourquoi est-ce pertinent ? Pourquoi l’Amiral Rogers (NSA) a-t-il rencontré Trump en privé sans autorisation ? Le président sait-il où les corps sont enterrés ?Est-ce que le président a les éléments inculpant la plupart des mauvais acteurs ? […] »), d’ailleurs, Flynn n’a-t-il pas tweeté en rapport avec les accusations de pédocriminalité d’officiels du gouvernement Obama lors des révélations du Pizzagate ?
Or, certains articles de presse sur lesquels QAnon attira l’attention de ses lecteurs début mai 2020 suggèrent qu’Obama mit en place à son départ de la Maison Blanche une sorte de « présidence de l’ombre » qui lui permettait d’être mis au courant des dessous de la présidence Trump et de s’assurer que celle-ci ne serait pas avisée d’initiatives déclenchées par le président Obama en partance. A l’issue d’un entretien dans le Bureau Oval le 5 janvier 2020 avec Sally Yates, adjointe au Ministre de la Justice, Susan Rice, conseillère sur la sécurité nationale, James Comey, directeur du FBI et Joe Biden, vice-président, Rice rédigea dans un email qu’elle s’adressa à elle-même : « Le président Obama a dit qu’il veut s’assurer qu’alors que nous nous engageons avec la nouvelle équipe présidentielle, nous soyons convaincus qu’il n’y a pas un moyen d’éviter de lui donner des informations sur le dossier russe ». Comey et Yates, poursuivant leurs mandats malgré le changement de gouvernement, étaient tout particulièrement concernés par les consignes d’Obama, qui visaient spécifiquement les actions en lien avec les enquêtes sur la collusion avec la Russie. Il incombait à Yates et Comey d’informer Obama de nouvelles initiatives du gouvernement Trump et de cacher à celui-ci les émoluments de l’enquête dont Flynn était l’objet.
Toutefois, comme les cinquante-trois transcriptions d’entretiens liés à l’enquête sur la collusion avec la Russie rendus publics par le nouveau Directeur du renseignement national Richard Grenell début mai 2020 le révèlent, non seulement aucun lien n’a pu être établi entre la campagne Trump et la Russie (selon conclusions de l’enquête du procureur spécial Mueller) mais, de plus, aucun des officiels interrogés n’avait connaissance de preuves qu’un tel lien existait, pas même ceux qui, fidèles à Obama, clamèrent qu’il existait afin de déclencher une enquête visant la destitution du nouveau président. De James Clapper (« […] jamais vu la moindre preuve empirique […] ») à Andrew McCabe (« Nous n’avons pas été en mesure de prouver la véracité [du dossier Steele] »), en passant par Samantha Power (ancienne ambassadrice des États-Unis à l’ONU, « Je ne suis pas en possession de quoique ce soit ») et Susan Rice (« Je ne me souviens d’aucune … preuve à cet effet »), les transcriptions accablent de nombreux officiels du gouvernement Obama, dont en particulier Adam Schiff, à la tête du Comité du renseignement du Congrès (House Intelligence Committee), qui mentit, avec le soutien des médias, en parlant de preuves accablantes, raison pour laquelle il tenta de retenir le plus longtemps que possible ces transcriptions d’être rendues publiques.
Richard Grenell livra ensuite au Ministre de la Justice William Barr, qui qualifia officiellement l’enquête du FBI contre Flynn d’ « illégale », des documents identifiant quels officiels du gouvernement Obama étaient impliqués dans l’acharnement contre le conseiller de Trump. En tête de file, Obama avait connaissance du contenu des appels téléphoniques de Flynn et Kislyak et missionna clairement Yates et Comey de l’incriminer au regard du Logan Act, législation sur l’interdiction de négociations de citoyens américains non autorisés par le pouvoir avec des gouvernements étrangers.
Depuis le début de l’opération QAnon, la version du lanceur d’alerte n’a pas fluctué dans ses publications décrivant la stratégie de la présidence Trump par rapport au Spygate, qu’il s’agit d’exposer de manière didactique dans le détail de chacune de ses étapes chronologiques au public : tout d’abord, en première phase, l’enquête du procureur Mueller diligentée par les Démocrates échoue à établir un lien entre la campagne de Trump et le pouvoir russe, dans un deuxième temps, le rapport Horowitz révèle les agissements douteux du FBI et du Ministère de la Justice dans cette affaire, ensuite, les transcriptions rendues publiques par Richard Grenell et William Barr démontrent que Schiff et les officiels du gouvernement Obama mentaient lorsqu’ils parlaient de liens entre la campagne Trump et la Russie mais également qu’Obama a donné ordre d’espionner la campagne Trump de manière tout à fait injustifiée. Dans un délai proche, les dossiers de surveillance FISA seront rendus publics et le procureur Durham livrera les conclusions de son enquête sur le Spygate, avant qu’enfin des mises en accusation puissent être émises. Pour les adeptes de QAnon en effet, les différentes évolutions de ces dossiers formant le Spygate n’ont rien d’étonnant mais viennent confirmer leur foi et leur confiance en Q et en la totalité des annonces et dénonciations qu’il a faites.
Q a insisté sur le fait que ces démarches du gouvernement Trump devaient être faites dans le cadre de la loi, selon les règles, afin encore une fois d’éduquer le public mais aussi d’éviter toute nouvelle campagne de mensonges que beaucoup parmi la population croiront quoiqu’il en soit, accordant trop de crédit au récit des médias mainstream :
[…]
Bien que difficile, il est important de comprendre que cela doit être fait dans les règles.
Le citoyen moyen doit être capable de digérer et d’accepter [factuellement] les événements.
Introduction à la FISA [étape 1, acte 1]
Les mauvais acteurs ont dû être retirés.
De bons acteurs devaient être installés.
Le ou les agents dormeurs devaient être découverts.
Nous sommes prêts [pensez Barr public].
Q
Toutefois, les officiels du gouvernement Obama, à commencer par le président lui-même, ont adopté la défense qui consiste à affirmer que le gouvernement Trump menace dangereusement le règne des lois républicaines (commettant au passage l’erreur de parler de parjure alors que Flynn ne fut jamais accusé de parjure) et à faire front contre le Ministre de la Justice William Barr, immédiatement placé dans le viseur d’une pétition co-signée par deux mille ex-officiels du Ministère de la Justice du gouvernement Obama pour sa gestion du dossier Flynn.
Le 10 mai, un anonyme du forum sur lequel Q publie ses messages demandait à Q+, soit le président Trump lui-même (comme la communauté a pris l’habitude de le désigner suite à ce que Trump ait, selon toute vraisemblance, publié certains messages de QAnon en tant que Q+), de tweeter #Obamagate depuis son compte, ce que Trump fit deux heures plus tard, puis, une heure trente après, QAnon postait le message « For anons » (« pour les anonymes ») en guise de preuve supplémentaire de la coordination entre Trump et Q. Le 11 mai, le #Obamagate était une des plus forte tendance sur Twitter avec 3,43 millions de ré-tweets. Q commentait simplement : « Le patriotisme est en cours de soulèvement. Les gens avaient besoin d’une étincelle pour redémarrer le moteur. Q ».
Tenu informé de l’agenda du président Trump, Obama se lança, comme le suggéra QAnon à plusieurs reprises, dans une présidence de l’ombre, voyageant, parfois en avance, parfois en retrait de Trump, afin de bloquer chacune des actions du nouveau président faite en coordination avec d’autres leaders internationaux. Ce fut le cas en Asie tout d’abord, comme le révèle le post 235 du 30 novembre 2017, qui disait, sous une photo de Shanghai : « Où est Barack Obama ? Dans quel but ? Qui a tiré ? Quand ? Réconcilier. Q ». Les médias rapportèrent en effet qu’Obama voyagea en Chine, notamment à Shanghai pour y rencontrer Xi Jinping fin novembre 2017, alors que Trump s’y était rendu début novembre 2017, notamment afin de demander à Xi de l’aider à convaincre Kim Jong-Un de dénucléariser la Corée du Nord. Or, comme le suggère le post de Q (« Qui a tiré ? Quand ? Réconcilier. »), Kim ordonna de nouveaux tirs de missiles balistiques le 28 novembre en guise de nouvelle provocation contre Trump. Il est donc possible qu’Obama ait dans un premier temps tenté de ruiner les efforts de paix de Trump.
Le 25 janvier 2018, Q écrivait :
CONFIRMÉ.
Pourquoi Barack Hussein Obama a-t-il voyagé avant le président ?
“Trump ne resterait pas longtemps au pouvoir, ce qui suggère qu’il pourrait ne plus être là dans un an.”
Relisez les miettes.
L’avenir déverrouille le passé.
Q
Le lien renvoyait à un article de Fox News qui rapportait que John Kerry, ex-Ministre des Affaires Étrangères d’Obama, s’était rendu en Palestine afin de dissuader les palestiniens de céder aux négociations de paix de Trump, qui rencontra en effet Mahmoud Abbas le 23 mai 2017 afin de faire avancer le plan de paix. Kerry, clairement l’émissaire d’Obama sur ce dossier, affirma notamment aux palestiniens que Trump « ne serait pas président longtemps », suggérant qu’il pourrait « ne plus être là d’ici un an ». Il se faisait certainement la voix du camp Démocrate, qui pensait se débarrasser de Trump à l’issue de l’enquête du procureur Mueller. Les tractations semblent inclure également un transfert de 221 millions de dollars aux autorités palestiniennes officialisé dans les dernières heures de présidence d’Obama, sur lequel Q attirait notre attention le 5 novembre 2017.
Kerry rencontra également les autorités iraniennes dans le cadre de ces mêmes négociations de paix avec le Moyen-Orient et afin de gagner du temps dans le but de relancer l’accord sur le nucléaire iranien dont Trump s’est retiré, toujours dans le même espoir que Trump soit destitué du fait de ses liens alors fantasmés avec la Russie. QAnon publiait le 5 mai 2018 :
« […] Aujourd’hui: John Kerry & l’Iran
Important – contexte pour les futures nouvelles.
Pourquoi Barack Hussein Obama / John Kerry voyagent-ils autour du monde et rencontrent-ils des chefs d’État étrangers (certains ennemis des États-Unis)? HIllary Clinton / BIll Clinton volent sous le radar – de la même manière / non déclarée – pourquoi? (2) d’anciens présidents / Ministres des Affaires Étrangères sans pouvoir / autorité) faisant le tour du monde avant / après le président – pourquoi? SANS PRÉCÉDENT ? »
Selon Q, Hillary et Bill Clinton faisaient également partie de convois à l’étranger visant à détruire tout ce que Trump tentait de construire. Il est intéressant de noter que ce pour quoi Obama tentait donc de faire accuser Flynn dans le cadre de la collusion supposée avec la Russie, soit une violation du Logan Act, est exactement ce dont lui-même, Kerry et peut-être les Clinton se sont rendus coupables. Le Foreign Agents Registration Act, requérant que les agents ou officiels représentant les intérêts de pouvoirs étrangers déclarent la nature de leurs relations avec ces pouvoirs et les renseignements opérationnels et financiers de celles-ci, pourrait également être invoqué dans le cadre de poursuites judiciaires.
LA PRÉSIDENCE DE L’OMBRE.
LE GOUVERNEMENT DE L’OMBRE.
Pourquoi Barack [Hussein] Obama a-t-il suivi les voyages à l’étranger du président ?
Pourquoi [Kerry] a-t-il suivi le voyage en Iran du président ?
Pourquoi [Kerry] a-t-il suivi le voyage du président en [CLASSÉ SECRET 1-99] ?
[…]
LE PLUS GRAND SCANDALE POLITIQUE DE L’HISTOIRE.
Qu’essaient-ils d’empêcher ?
Qui essaient-ils de protéger ?
Q
Si ce qui est avancé par QAnon venait à être confirmé, il pourrait en effet s’agir du plus grand scandale politique de l’Histoire. Un scandale qualifié d’Obamagate par le président Trump qui mettrait en lumière non seulement les agissements passibles de trahison, de sédition, et de bien d’autres chefs d’accusation à l’encontre d’Obama et de nombreux officiels sous ses ordres.
Maxime Serri est enseignant en langue et culture anglophones et travaille actuellement à sa thèse « Qanon, théorie du complot ou opération militaire validée ? »
Son roman « Un Nouveau Cycle », est disponible sur https://www.edilivre.com/un-nouveau-cycle-2a2b3d6c97.html/
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