Il y a dans l’émerveillement quelque chose d’étrangement familier. Ce n’est pas une émotion que l’on apprend, c’est une mémoire que l’on retrouve. Comme si, enfant, nous savions déjà tout cela avant que le monde des adultes ne nous enseigne la réserve et le désenchantement.

Greater Good Science Center de l’UC Berkeley a récemment publié un article intitulé « How to Find the Wow in Life ». Derrière ce titre léger se cache une exploration sérieuse de ce que les chercheurs appellent l’émotion « prosociale » par excellence. L’émerveilvement ne serait pas un luxe réservé aux contemplatifs ou aux poètes, mais une faculté humaine fondamentale, aussi naturelle que la respiration.

Pourtant, à Force de vivre dans un monde saturé d’informations, de notifications et de sollicitations, nous avons oublié comment nous émerveiller. Non pas parce que le monde est moins merveilleux, mais parce que notre attention est constamment détournée vers l’urgent, le bruyant, le spectaculaire. Le « wow » authentique, lui, se niche dans le discret, le silencieux, l’imperceptible.

Ce que la science dit de l’émerveillement

Les études récentes en psychologie positive montrent que l’émerveillement a des effets mesurables sur notre bien-être. Il réduit le stress, augmente la patience, renforce le sentiment de connexion avec les autres et avec quelque chose de plus grand que soi. En termes non-duels, disons simplement que l’émerveillement est une brèche dans le mur de la séparation.

Lorsque vous contemplez un coucher de soleil, lorsque vous observez le vol d’un oiseau ou lorsque vous tenez la main d’un être cher, il se produit quelque chose que la science peut décrire mais pas expliquer. Les neurones s’activent, le cortisol baisse, l’ocytocyne monte, mais ces mesures ne capturent pas l’essentiel de ce qui se joue. L’émerveillement est une expérience de presence à ce qui est, sans filtre, sans interprétation, sans jugement.

Comment cultiver le « wow » sans forcer

La bonne nouvelle, c’est que l’émerveillement ne se force pas. Il s’accueille. Et contrairement à ce que l’industrie du développement personnel voudrait nous faire croire, il n’a pas besoin d’une heure de pratique quotidienne ni d’un abonnement à une application.

Quelques pistes simples : laisser votre téléphone dans une autre pièce pendant le petit-déjeuner et regarder vraiment la lumière du matin ; marcher sans écouteurs et écouter les sons de la ville ou de la nature ; prendre cinq secondes pour regarder le ciel avant d’entrer dans un immeuble. Rien de spectaculaire, et c’est justement là la clé.

L’émerveillement est une porte vers le Soi. Il nous rappelle que nous ne sommes pas seulement un corps qui traverse l’espace, mais une conscience qui reconnaît la beauté. Et dans cette reconnaissance, il n’y a pas de séparation entre celui qui regarde et ce qui est regardé.


Sources

  • Greater Good Science Center, UC Berkeley. « How to Find the Wow in Life ». greatergood.berkeley.edu
  • Keltner, D. (2023). « The Science of Awe ». Greater Good Magazine.
  • Mindful.org. « The Transformative Power of Awe ». mindful.org
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