image 3Qu’est-ce que la Pentecôte ?

Pentecôte. Ce mot vient du grec pentêkostê, qui signifie simplement « cinquantième ». Cinquante jours après Pâques, donc. Mais derrière cette définition toute simple se cache l’un des récits les plus puissants de l’histoire spirituelle humaine. Un jour où quelque chose s’est fissuré, a cédé, a basculé. Un jour où des hommes qui avaient tout perdu ont soudain trouvé quelque chose qui ne se perd plus.

Quand on y pense, c’est assez dingue. On est quarante jours après la crucifixion de Jésus. Ses disciples sont terrifiés, enfermés dans une pièce, persuadés que les soldats vont venir les chercher. Ils ont vu leur maître mourir sur une croix. Ils ont entendu ses promesses de résurrection, mais entre croire et vivre, il y a tout un monde. Et puis, cinquante jours après Pâques, quelque chose arrive.

Le vent, le feu, et les langues qui se comprennent

Le récit des Actes des Apôtres décrit une scène qu’on pourrait croire sortie d’un film catastrophe ou d’un thriller mystique. Un grand bruit venu du ciel, comme un coup de vent violent qui remplit toute la maison. Puis des langues de feu qui se posent sur chacun des disciples présents. Et ensuite, autre chose encore plus étrange : ils se mettent à parler en langues étrangères. Des gens venus de partout, de Rome, de Perse, d’Égypte, de Mésopotamie, chacun les entend dans sa propre langue. Il s’agit de la description de ce qu’est la “xénoglossie”, le fait de parler et comprendre absolument toutes les langues, phénomène qui a été observé chez Jésus ainsi que “d’autres enseignants” totalement dépouillés d’ego, et qui est attribué au pur Esprit (Dieu et Sa Création qui sont le même). C’est l’un des nombreux “symptomes” précédent l’éveil Spirituel affirmant que Dieu est en toi et que tu n’en es ni séparé, ni différent. 

Imagine la scène. Tu es là, avec une dizaine de Galiléens terrifiés, et soudain, sans prévenir, vous vous mettez à parler des langues que vous n’avez jamais apprises. Pas du charabia. Des langues réelles, comprises par des gens venus de dix-sept nations différentes. L’effet doit être… disons, perturbant. Pour ne pas dire spectaculaire.

Ce jour-là, selon les trémoignages qui ont survécus, environ trois mille personnes rejoignent la communauté des disciples. En une seule journée. C’est le genre de statistiques qui ferait pâlir n’importe quel “community manager” contemporain. Une croissance de 30 000 % en vingt-quatre heures, sans campagne marketing, sans budget publicitaire, sans même de site web.

image 2Pourquoi cinquante jours après Pâques ?

Les premiers chrétiens, étaient tous-juifs à l’origine. Pour eux, le don de l’Esprit Saint n’était pas un événement séparé du Judaïsme. C’était un renouvellement, une traduction d’une de ce qui est appelé l’Alliance. L’Alliance ancienne des juifs comportait 2 parties liées par le même souffle, cette traduction ou “Nouvelle Alliance” démontrait q’un seul souffle s’étendait à Lui-même se reconnaissant en tant qu’Esprit et non pas un corps, c’est la non-dualité. Il n’y avait plus de parties séparées, plus de dualité en tant que donneur et receveur. Ou comme Jésus disait :”Moi et le Père sommes UN.”

À Jérusalem, Dieu parle dans le vent et le feu et rappelle à son Esprit ce qu’il Est. L’Esprit au lieu de la Loi. La liberté au lieu de la règle. Le cœur au lieu du code.

Qu’est-ce que l’Esprit Saint, finalement ?

C’est là que les explications rationnelles commencent à montrer leurs limites. L’Esprit Saint, dans la tradition chrétienne, c’est la Présence même de Dieu qui vient habiter ceux qui le souhaitent. Pas une force, pas une énergie, pas un concept. Dieu Lui-même. Avec tout ce que ça implique de relation, d’intimité, de transformation.

Dans le langage biblique, l’Esprit c’est le souffle de Dieu (ruah en hébreu), le souffle du coeur, le souffle de l’amour inconditionnel, sans opposé, le souffle de la Liberté, le souffle de la Vérité.

C’est peut-être pour ça que le symbolisme du vent et du feu est si proche de la Vérité, je dis proche car aucun symbol n’est vérité, mais chaque symbole peut être utilisé pour s’en rapprocher, ou s’en éloigner.

L’Esprit est partout, il est Tout, mais il se manifeste comme il veut, où il veut dans ce monde illusoire de temps, d’espace et de matière. Et il transforme ce qu’il touche, même quand on ne l’attend pas. Surtout quand on ne l’attend pas.

Ce que la Pentecôte nous dit de la peur

Il y a quelque chose de profondément humain dans ce récit. Ces disciples, avant le jour de la Pentecôte, sont épouvantés. Ils se sont cachés. Ils ont nié, fui, douté. Pierre a renié Jésus trois fois. Les autres ont disparu comme des ombres au lever du soleil. Ils n’attendaient plus rien. Ils espéraient, peut-être, mais sans y croire vraiment.

Et puis le souffle arrive. Et tout change. Pas parce que la peur disparaît. Pas parce que les problèmes s’envolent. Non. La peur est toujours là, les difficultés aussi. Mais quelque chose s’est intercalé entre la peur et la réaction. Une sorte d’espace. Un espace où l’on peut parler quand même, agir quand même, témoigner quand même, même si les genoux tremblent. Une force invincible, supérieure et Divine, mène le pas, passe devant, et agit à travers l’esprit endormi qui se croit séparé et faible, lui apportant/redonnant/rappelant toute Sa Force.

C’est peut-être ça, le don de l’Esprit : pas l’absence de peur, mais la capacité d’avancer malgré la peur. Pas l’immunité contre les problèmes, mais la force de les traverser. Cette force t’est donnée, elle est donc tienne, mais elle ne vient pas de toi, mais de Soi avec un Grand S. Elle te traverse, elle te porte, elle t’emmène à dépasser toutes les limites auxquelles tu croyais. Elle est là, bien là, disponible pour ceux qui veulent bien ouvrir la porte.

Pentecôte et UCEM : le même souffle

L’enseignement donné dans “Un Cours en Miracles n’utilise pas souvent le vocabulaire de l’Esprit Saint tel que le christianisme traditionnel le comprend. Mais il parle d’un Souffle, d’une Présence aimante qui attend dans chaque instant, qui nous rappelle que la séparation n’est pas réelle, que l’Amour est le seul choix véritable.

L’Esprit Saint, tel que UCEM le décrit, c’est cette Voix qui dit : « Tu es bien plus que ce que tu penses. La culpabilité n’est pas nécessaire. Le pardon est toujours justifié et possible. » Un souffle qui dissipe les ténèbres de l’ego, qui ouvre un espace où la paix devient possible, même au milieu du chaos.

La Pentecôte, dans cette perspective, ce n’est pas un événement réservé à l’histoire. C’est un archétype, un modèle de ce qui se passe chaque fois que quelqu’un accepte de dépasser sa peur pour laisser place à quelque chose de plus grand. Le même souffle qui a envahi cette maison à Jérusalem il y a deux mille ans souffle toujours. Partout. Toujours.

Pourquoi on en parle si peu ?

Avouons-le : la Pentecôte, c’est un peu le parent pauvre des grandes fêtes chrétiennes. Noël a ses cadeaux et ses marchés de Noël. Pâques a ses chocolats et ses cloches. La Pentecôte, elle, n’a… rien. Pas de tradition populaire forte, pas de symbols commerciaux, pas de jour férié qui fonctionne. Le lundi de Pentecôte, oui, mais pour des raisons qui n’ont plus rien à voir avec le sens originel (la solidarité, si tu veux savoir).

C’est peut-être parce que la Pentecôte est une fête intérieure. Pas de spectacle, pas de décoration, pas de consommation. Juste le souffle. Juste la présence. Juste le rappel que quelque chose d’invisible mais de réel traverse l’humanité et invite chacun à dépasser ses limites.

Et pourtant, quelle fête. Quel cadeau. Ce jour où l’Esprit a rendu témoignage possible là où il n’y avait que terreur. Ce jour où des hommes ordinaires, sans pouvoir, sans prestige, sans armement, se sont mis à parler au monde entier. Et le monde entier a entendu.

Le souffle continue

A chaque Pentecôte, l’Église fête l’anniversaire de sa naissance. Mais le vraiment beau, dans cette histoire, c’est que le souffle n’a jamais vraiment cessé. Il souffle encore dans les assemblées du monde entier. Il souffle quand quelqu’un pardonne là où la vengeance semblait inévitable. Il souffle quand quelqu’un choisit la paix quand tout hurle la guerre. Il souffle quand un être humain se relève après l’échec le plus total et dit : « Je vais faire mieux cette fois-ci. »

La Pentecôte, au fond, c’est la promesse que rien n’est jamais vraiment perdu. Que le souffle ne t’abandonnera pas, même quand tu es terrifié, même quand tout semble fini, même quand tu as l’impression d’être seul dans une pièce close sans issue. Il te montre que la séparation ne s’est jamais produite.

Cette année, le week-end de Pentecôte tombe par un temps agité : des alertes aux vents forts et des orages sont prévus sur une grande partie de la France. La symbolique n’est peut-être pas si mal choisie. Le vrai souffle, celui qui compte, ce n’est pas celui de la tempête. C’est l’autre, le silencieux et pourtant infini, celui qui souffle dans le cœur de ceux qui ouvrent la porte.

Bonne Pentecôte à toi.

Laurent

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