Dans la vie, jâaime.
Et plus jâaime, plus mon coeur est grand.
Et plus il est grand, plus jâaime.
Jâaime parce que câest beau dâaimer. Ăa fait du bien dâaimer. Et on est beau quand on aime. Peut-ĂȘtre est-ce Ă cause du sourire que lâamour pose sur nos visages et dans nos yeux et dans nos Ăąmes quand on aime ? Peut-ĂȘtre est-ce juste parce que donner, sans conditions, sans marchandage, sans arriĂšre-pensĂ©es, juste donner, est dâune beautĂ© sans pareil ?
Tu vois, toi que jâaime, je veux tâaimer pour nous libĂ©rer.
Te libérer toi, me libérer moi.
Et quand je te dirai « je tâaime », ça ne sera pas pour que tu me le dises. Ăa sera pour que tu le saches. Et que tu lâentendes. Et que tu le reçoives.
Quand je te dirai « je tâaime », ça sera pour que tu lâemportes avec toi, et que tu en fasses ce que tu veux. De rien, Ă tout. Je te donnerai mon « je tâaime » comme une paire dâailes avec lesquelles tu pourras tâenvoler, prĂšs ou loin de moi, pour quelques secondes, quelques annĂ©es, ou Ă jamais.
Toi que jâaime, je tâaime pour que tu sois libre dâaimer Ă ton tour. Peut-ĂȘtre moi, peut-ĂȘtre pas. Mais je tâaimerai parce que je veux de tout mon ĂȘtre que ton coeur puisse toucher du doigt la grĂące qui me bouleverse quand le mien explose de cette joie si particuliĂšre qui nait dans lâamour.
Et comme on ne peut reprendre lâamour quâon a donnĂ©, pas plus quâon peut ravaler les paroles quâon a prononcĂ©, lâamour que je te donnerai, il sera Ă toi. Toujours. Et si un jour je tâai aimĂ©, alors je tâaimerai toute ma vie.
Bien sĂ»r, Ă travers la porte grande ouverte de mon coeur rentreront des brigands, qui en voleront des bouts quâils ne mĂ©ritent pas. Il piĂ©tineront peut-ĂȘtre mĂȘme les terres sacrĂ©es de mon amour, certainement sans savoir ce quâils font. Peut-ĂȘtre mĂȘme que certains me feront dĂ©libĂ©rĂ©ment mal, parce quâils nâont pas encore connu la libertĂ© du vĂ©ritable amour et quâils en souffrent. Peut-ĂȘtre quâil y aura des larmes, et des tristesses, et des douleurs, oui.
Mais jâen ai dĂ©jĂ vĂ©cu. Et ça ne me fait pas peur. Vivre, ne me fait pas peur.
Car toujours, pour panser mes plaies, jâai aimĂ©.
Jâai aimĂ© pour me rĂ©parer. Jâai aimĂ© pour rĂ©parer dâautres. Et si toi, ton Ăąme se fend ou se brise, je tâaimerai pour la guĂ©rir. Je tâaimerai pour te faire sourire Ă nouveau, et sĂ©cher tes larmes. Je tâaimerai pour tâentendre rire, et que le monde entende Ă quel point ton rire est beau.
Toi que jâaime, jâaimerai tout de toi, pour que tu aimes tout de toi. Jâaimerai tes dĂ©fauts comme tes qualitĂ©s, jâaimerai tes hauts comme tes bas, jâaimerai les meilleurs comme les pires moments. Jâaimerai tout, tout de toi, dans tes lumiĂšres comme dans tes tĂ©nĂšbres.
Je tâaimerai pour te protĂ©ger. Je tâaimerai pour te donner un refuge. Je tâaimerai pour que tu trouves en mon coeur la maison oĂč tu pourras toujours revenir et oĂč je tâattends les bras ouverts.
Toi que jâaime, prends mon amour. Il est la clĂ© universelle qui ouvre toutes les portes. Prends mon amour, et jamais ne te sens coupable dâĂȘtre aimĂ© ou dâaimer toi mĂȘme. Prends mon amour, et donne le tien comme je te donne le mien. LibĂšre toi, et libĂšre dâautres. Aime. Aime, aime, aime, de toutes les façons, de toutes les forces, mais aime pour aimer, nâaime pas pour ĂȘtre aimĂ©.
Lâamour se donne, il ne se troque pas.
Et toi que jâaime, regarde toi dans le miroir de mes yeux.
Regarde toi dans mon amour. Admire ton reflet. Ta beautĂ© est sans pareille, Ă travers le prisme du coeur et de lâĂąme. Et vois, vois comme tu es libre. Libre dâaimer, libre de donner, libre dâaccueillir.
Vois dans mon amour la beauté du tien.
La libertĂ© est le plus beau cadeau de lâamour. Et toi que jâaime, toi qui est multiple, toi qui est ma mĂšre, mon pĂšre, mon ami, mon aimĂ©, mon amour de toujours ou dâun instant, mon frĂšre de coeur ou de sang, mon inconnu ou mon ombre, mon proche ou mon lointainâŠ
⊠je tâaime.
Et je suis libre parce que je tâaime.
Et je tâaime pour que tu sois libre.
đżMathildeđż



