Aider après la mort

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Que faire quand un proche nous quitte.

Il n’y a pas longtemps, j’ai terminé de lire ”Le livre tibétain de la vie et de la mort” écrit par Sogyal Rinpoché. Il y a tout un chapitre qui explique ce qu’on peut faire quand un de nos proches décède, et j’ai voulu partager avec vous cet enseignement, alors voici un résumé, fait avec de nombreux extraits du chapitre en question.

Si vous voulez plus de détails, je vous conseille de lire le livre en entier car il regorge d’informations concernant la méditation, la récitation de mantras, les pratiques bouddhiques etc.

On a tous des proches qui nous quittent au cours de notre vie.

Dans ces cas-là, nous pouvons nous sentir impuissants et penser que nous ne pouvons plus rien faire pour cet être cher.

He oui, on n’est pas tous des super lamas tibétains ayant reçu des enseignements approfondis sur la mort (l’âme hors), mais on peut quand-même agir pour que le défunt ait la meilleure ”mort” possible et ne soit pas perdu ni retenu vers le monde matériel lors de cette étape primordiale.

Alors voici quelques conseils, basés sur le livre (essentiellement le chapitre 19 ”Aider après la mort”) et donc principalement sur le bouddhisme :

-Quand pouvons-nous aider ?

Les 49 jours du bardo du devenir – et plus particulièrement les 21 premiers – sont la meilleure période pour accomplir une pratique spirituelle à l’intention du défunt.

Maintenant vous allez me dire qu’est-ce que le bardo du devenir ?

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Bardo est un mot tibétain, traduisant le sanskrit antarâbhava, qui désigne, dans certaines écoles bouddhistes du Tibet, un état mental intermédiaire, comme ceux du sommeil, de la méditation, de la mort.

Le bardo du devenir est la seconde partie de la période postmortem. Merci Wikipedia.

En gros, les trois semaines après le décès sont celles ou il est préférable d’agir.

Chez les Tibétains, des pratiques et des rituels sont effectués régulièrement tous les sept jours après la mort, ou, si la famille peut se le permettre, chacun des 49 jours.

Pour être précis, si une personne est décédée un mercredi avant midi, le premier jour de la pratique hebdomadaire tombera le mardi suivant, si elle est décédée l’après-midi, ce jour sera le mercredi suivant.

Ceci dit, nous dit le livre : il n’est jamais trop tard pour venir en aide à une personne, même si elle est décédée depuis très longtemps. Nous le verrons plus tard dans l’article.

-Comment pouvons-nous aider ?

  • Le p’owa

La meilleure manière, et la plus simple, est d’effectuer, dès l’annonce de la mort, la pratique essentielle du p’owa.

Qu’est-ce que le p’owa ? C’est une pratique de la tradition tibétaine qui signifie ”transfert de la conscience.” Elle peut se faire pour guérir un malade, aider un mourant, ou même après la mort pour continuer à purifier la personne défunte. Le livre insiste bien : cette pratique est à la portée de tous !

Il y a plusieurs façons différentes de faire cette pratique, je vous mets ici la plus simple, si vous voulez plus de détails, veuillez vous référer au livre (chapitre 13) :

-Commencez par demeurer tranquillement, puis invoquez la présence de la personnification de la vérité, c’est-à-dire Bouddha si vous êtes bouddhiste, Jesus Christ ou Marie si vous êtes chrétiens, etc… en fait peu importe, pourvu que vous croyiez fermement que cette personne incarne la vérité. Il se peut que le mort et vous n’ayez pas la même religion, mais ce n’est pas grave. Imaginez cette présence au-dessus du mort.

-Imaginez que la conscience du mort est une sphère de lumière au niveau de son cœur, qui jaillit hors de lui telle une étoile filante et pénètre dans le cœur de la présence au-dessus de lui.

-Cette sphère se dissout et se fond dans la présence. Imaginez que des rayons de lumière ruissellent sur lui, purifiant son être tout entier, et qu’ils se dissout alors en lumière et se fond dans cette présence spirituelle.

Le meilleur moment et le plus efficace pour effectuer le p’owa se situe avant que le corps ne soit aucunement touché ou dérangé. Si cela s’avère impossible, essayez de l’accomplir à l’endroit ou la personne est décédée, sinon, représentez-vous intensément ce lieu en esprit.

Dans le bardo du devenir, la conscience du défunt revit à nouveau chaque semaine l’expérience de la mort, le même jour exactement. Aussi, bien que n’importe lequel des 49 jours convienne pour effectuer le p’owa ou toute autre pratique spirituelle, c’est le jour de la semaine ou la personne est morte qui devrait être privilégié.

  • Les mantras :

Chaque fois que vous pensez à une personne disparue, vous pouvez réciter immédiatement un mantra, par exemple OM MANI PADME HUM (que les Tibétains prononcent Om Mani Pémé Houng), c’est le mantra du Bouddha et de la compassion qui purifie chacune des émotions négatives.

Ou bien le mantra d’Amitabha, le Bouddha de la Lumière infinie : OM AMI DEWA HRIH.

  • La pensée positive :

Il est vrai que perdre un proche est douloureux, mais retenez bien que le simple fait de diriger des pensées positives vers le défunt lui sera du plus grand secours.

Au contraire, si l’on pleure pendant des mois le défunt, que l’on se sent triste constamment, cela n’aidera pas le mort dans cette étape.

Les pensées de tristesse que l’on projette sur un mort vont perturber son passage vers l’au-delà et empêcher son ascension donc soyons positifs malgré tout et vivons dans le moment présent.

Cela me rappelle une émission de Nurea tv sur Chico Xavier ou Elisabeth de Caligny nous explique que Chico, quelques temps avant sa mort, s’inquiétait car il était devenu très populaire et aimé dans son pays, et il craignait que les gens projettent trop de pensées tristes le jour ou il mourrait, heureusement pour lui il est mort le jour ou le Brésil a gagné la coupe du monde de football, rendant les brésiliens fous de joie et éclipsant la nouvelle de sa mort, ainsi tout s’est bien passé pour lui !

Le défunt est clairvoyant, et après sa mort, il est capable non seulement de voir ce qui se passe mais également de lire dans les pensées.

Si les proches ne font qu’intriguer ou se quereller à propos du partage de l’héritage, ou si leurs paroles et leurs pensées, dénuées d’amour sincère pour la personne décédée, ne manifestent qu’attachement et aversion, celle-ci pourra en éprouver une colère, une souffrance ou une déception intenses; ces émotions tumultueuses l’attireront alors dans une renaissance défavorable.

  • Les méditations et prières :

Si votre prière pour une personne part d’un coeur bienveillant et d’une intention pure, elle sera très efficace.

Vous pouvez également étendre votre prière à d’autres disparus que vous ne connaissiez pas (victimes de guerres, d’atrocités, de catastrophes etc). Vous pouvez même prier pour des personnes qui sont décédées depuis des années, vos grands-parents ou même des victimes des deux guerres mondiales par exemple.

Ceux qui ont subi une mort violente ou soudaine (meurtre, suicide, accident, guerre…) ont un besoin d’aide particulièrement urgent, les prières et le p’owa seront faits avec plus de force et de ferveur.

  • Le livre des morts tibétain :

On peut lire ce livre après la mort de l’être cher, cela lui donne l’inspiration et les instructions dont il a besoin.

  • La pratique du cœur :

Pratique à faire si vous vous sentez démunis et vraiment tristes et pensez que nous n’arriverez pas à surmonter cette épreuve.

-Invoquez dans le ciel devant vous la présence de l’être éveillé qui vous procure la plus grande inspiration, ressentez fortement sa présence et invoquez sa compassion, sa bénédiction et son pouvoir infinis.

-Ouvrez votre cœur et demandez sincèrement de l’aide. Sachez que quelqu’un est là, totalement présent pour vous, qu’il vous écoute et vous comprend avec amour et compassion sans jamais vous juger, il est votre ami suprême. Appelez-le en récitant le mantra OM AH HUM VAJRA GURU PADMA SIDDHI HUM, car ce mantra est une source apaisante de purification et de protection.

-Considérez que cet être éveillé répond avec tout son amour, toute sa compassion et sa sagesse, tout son pouvoir. Des rayons de lumière d’un éclat extraordinaire émanent de lui et vous inondent. Considérez cette lumière comme un nectar qui emplit entièrement votre cœur et transforme votre souffrance en félicité.

Ouvrez votre cœur, laissez s’exprimer votre souffrance, implorez de l’aide. Récitez ce mantra :

OM AH HUM VAJRA GURU PADMA SIDDHI HUM.

Imaginez maintenant que d’innombrables rayons de lumière jaillissent de son être ou de son cœur, et que le nectar de Grande Félicité, emplissant la coupe crânienne qu’il tient dans ses mains, déborde de joie et se répand sur vous en un flot continu de lumière liquide, dorée et apaisante. Il coule dans votre cœur, le remplit et transforme votre souffrance en béatitude.

Ne vous attendez pas à des résultats immédiats ou à un miracle, ne vous attendez pas à ce que la pratique ‘’marche’’ et mettra un terme définitif à votre souffrance. Soyez ouverts à votre chagrin comme vous l’êtes envers les êtres éveillés, acceptez votre douleur, et surtout gardez l’ouverture du cœur.

  • Autres moyens d’aider :

Faire en leur nom des dons à des œuvres charitables (attention aux fausses œuvres infiltrés par les francs-maçons ou autre sociétés secrètes plus que douteuses!!), des projets d’entraide, faire des offrandes de lumière à l’intention du défunt.

Un autre moyen particulièrement en faveur au Tibet et dans les Himalayas est de sauver des animaux destinés à l’abattoir et de leur rendre la liberté.

-Comment aider les personnes en deuil :

Apportez votre soutien sur les plans spirituels, affectif et matériel, ne laissez pas la famille du disparu impuissante, désorientée ou désemparée.

Dites-leur qu’ils ne sont pas impuissants au contraire, et parlez-leur des outils cités ci-dessus.

Encouragez les gens à vivre plus intensément, avec une ferveur accrue !

Pour aider ces gens, il faut parfois user de patience et de sensibilité. Passez du temps avec eux, écoutez-les silencieusement, soyez simplement présent, à leur disposition, même quand ils ne semblent pas avoir besoin de vous.

Dites-leur que l’état de choc après le décès s’estompera, que leur douleur parviendra à son terme et se transformera en acceptation, c’est une certitude.

Si la personne a un sentiment de culpabilité (‘’j’aurais du faire ça pour empêcher sa mort’’), encouragez-la à en parler, et ce sentiment s’atténuera ainsi lentement et la personne finira par se pardonner elle-même.

-Dernier conseil :

Priez pour recevoir l’aide, la force et la grâce. Priez pour que vous puissiez survivre et découvrir, dans toute sa richesse, le sens de la vie nouvelle qui vous échoit maintenant. Soyez vulnérable et réceptif, soyez courageux, et soyez patient. Plus que tout, examinez votre vie pour découvrir comment manifester désormais plus profondément votre amour pour autrui.

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